A découvrir à l’Eglise Saint-Etienne de Bottens (VD) :

Triptyque de l’Incarnation

procédé spécial, 250 x 290 cm
1956-1959

Dans son ouvrage Louis Rivier et la peinture religieuse en Suisse romande, Dario Gamboni, actuellement professeur ordinaire d’histoire de l’art à la Faculté des lettres de l’Université de Genève, écrit à propos de cette œuvre :

“La partie supérieure de ce triptyque figure la Trinité sous la forme de trois personnes identiques. Le Fils accomplit la volonté du Père en quittant sa place sur le trône commun après s’être dépouillé de ses vêtements ; provoquant l’émoi d’un groupe d’anges, il se dirige vers le niveau inférieur où se tient Marie, agenouillée dans sa chambre et recevant de l’ange Gabriel le lys de l’Annonciation. Au centre la Vierge est entourée par les mages et les bergers (la diversité de leur provenance symbolise aussi sans doute l’humanité) qui adorent le Christ nouveau-né qu’elle tient sur son épaule devant le Christ crucifié sur les poutres de l’étable.”

Triptyque de l’Incarnation, détail 1 (Louis Rivier, 1956-1959)

Dario Gamboni ajoute un peu plus loin :

“Rivier a abandonné la réalisation de cette œuvre en 1959 à la suite de sa maladie, et aucune indication interne ou externe ne permet d’inférer avec certitude le sujet du panneau demeuré vierge, même si la logique de l’iconographie fait supposer une Ascension, une Résurrection ou éventuellement une Transfiguration.”

Triptyque de l’Incarnation, détail 2 (Louis Rivier, 1956-1959)

Selon l’auteur, dans ce triptyque inspiré à l’origine par une proposition de décoration d’ une église orthodoxe grecque,

“le mode de la représentation de la Trinité rappelle peut-être ce point de départ orthodoxe … comme l’importance accordée à la Vierge se réfère à la tradition catholique. Cette ouverture œcuménique s’insère dans une articulation visuelle inédite des thèmes essentiels de l’iconographie chrétienne qui conclut l’effort pastoral de l’art de Rivier, tout en empruntant aux contingences, contre la volonté de l’artiste, l’intérêt technique et le charme esthétique du non finito.”

Ce tableau mural est la dernière œuvre que Louis Rivier destinait à une église. Il est mort avant de l’achever.

Bibliographie

  • Dario Gamboni, Louis Rivier et la peinture religieuse en Suisse romande, Payot Lausanne, 1985
  • Le grand Atlas Universalis des religions, Dieux chrétiens d’Occident, Paris, 1988
  • Lukas Vischer, Lukas Schenker et Rudolf Dellsperger, et Olivier Fatio pour l’édition française, Histoire du christianisme en Suisse, Une perspective œcuménique, Genève et Fribourg, 1995

Expositions

  • Lausanne et Aarau 1985-1986